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Lactalis : un empire ébranlé

Actualité • 15 janvier 2018

lactalis-metz-today Lactalis, un empire ébranlé

Depuis le début du scandale sanitaire concernant des salmonelles retrouvées dans des lots de lait infantile, les révélations vont bon train sur le premier groupe laitier et fromager mondial, Lactalis, très critiqué pour son fonctionnement opaque.

 

75 000 salariés dans 230 sites industriels répartis dans 43 pays, un chiffre d’affaires estimé en 2015 à 17,5 milliards d’euros, Lactalis est un véritable mastodonte de la transformation laitière. Et il y a très peu de chance de ne pas retrouver dans votre réfrigérateur une des marques du géant basé à Laval : les camemberts Président, les fromages Galbani, le lait Lactel, en passant par le roquefort Société et la Feta Salakis… Lactalis a englouti un à un ses concurrents, en les rachetant ou en lançant des OPA, comme celle de 2011 sur l’italien Parmalat. Et pourtant, Lactalis n’est pas côté en bourse et ne publie aucun résultat financier, ce qui est illégal. En outre, le groupe ne paye pas tous ses impôts en France via une holding située à Ixelles en Belgique. L’entreprise créée en 1933 est dirigée par le petit-fils de son créateur, Emmanuel Besnier, 46 ans. Un des 39 milliardaires français, un homme qui cultive le secret autour de lui, et dont seulement 3 photos ont été rendues publiques. Le mystérieux PDG de Lactalis est pourtant convoqué ce vendredi par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, pour s’expliquer sur la gestion chaotique de l’affaire du lait infantile.

 

Un site déjà touché en 2005

 

Le site de Craon (Mayenne) dont sont originaires les lots de lait infantile contaminés par des salmonelles, avaient déjà connu le même problème en 2005. L’Institut Pasteur a révélé que les deux bactéries, celle de 2005 et celle de 2017 sont « extrêmement proches ». Des travaux effectués dans l’usine pourraient être à l’origine de la résurgence de la bactérie, provoquant la contamination de certains lots.

 

La crise prend donc désormais une tournure politique, et ternit à nouveau l’image du groupe Lactalis, déjà fortement écornée lors du conflit sur le prix du lait avec les producteurs laitiers. Le groupe Lactalis a déjà eu affaire plusieurs fois avec la justice : il a été condamné en 2000 pour « fraude sur le lait et publicité mensongère », ainsi que pour « entente illicite sur les prix » en 2015 dans l’affaire du cartel du yaourt. Le site de Craon n’est pas en reste puisque l’usine a provoqué en mai 2012 une pollution importante dans une rivière environnante. Lactalis avait été condamné à 30 000€ d’amende par le tribunal correctionnel de Laval, une décision confirmée par la cour d’appel d’Angers en mars 2015.

 

Thibaut Goetz