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Édito #4 : Metz lave-t-elle plus vert ?

Édito • 10 février 2020

metz-lave-t-elle-vert-today Metz a été classée 3ème des villes les plus vertes de France par l’Observatoire des villes vertes.

Un nouveau classement vient de tomber. Celui des villes les plus vertes de France. Il est établi annuellement par l’observatoire des villes vertes. Eh oui ça existe ! Metz, la ville jardin, qualificatif quelque un peu tombé en désuétude (et c’est bien dommage), reprend tout à coup des couleurs et arrive en troisième position derrière Angers et Nantes. Et hop, une médaille de plus ! De quoi mettre un peu de couleur à une image encore trop teintée de gris (certains disent même vert-de-gris). Et il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que certains candidat(e)s à l’élection municipale issu(e)s de la majorité s’en attribuent les lauriers.

 

Ce classement a au moins le mérite de montrer, qu’à Metz, la question de l’écologie n’a peut-être pas toute la place qui lui revient dans la campagne pour les élections municipales. Besançon, Bordeaux, Montpellier, Nîmes, Rouen, Perpignan, voire Lyon… dans ces villes les sondages montrent que les candidats EELV sont en situation de l’emporter ou de devenir la première force d’opposition. Il aurait été « naturel » que dans la ville berceau de l’écologie urbaine ce sujet y soit central. Il s’agit au fond de l’avenir de notre planète et donc celle de l’humanité. Et cette question c’est l’affaire de tous, à commencer par les villes et les différentes structures qui les administrent. On aurait pu s’attendre à de grands projets ambitieux qui tirent vers le haut plutôt que des « mesurettes » qui font dans l’éco blanchiment de programmes. On aurait aimé entendre que notre métropole y revendique la place de ville pilote en Europe. Aurions-nous l’écologie honteuse ou n’avons-nous pas suffisamment pris en conscience de l’importance des enjeux ?

 

Qu’il s’agisse des transports, du traitement des déchets, de l’isolation des bâtiments, des économies d’énergie, des émissions de CO2, on ne peut pas dire que rien n’est fait, mais tout n’est pas fait. Le Mettis, qui est incontestablement une réussite, pourquoi utilise-t-il des moteurs thermiques alors que la traction électrique ou par hydrogène existe et fonctionnent dans plusieurs villes en Europe ? Pourquoi n’avons-nous pas des bâtiments à énergie positive comme c’est le cas à Strasbourg notamment ? Ces exemples illustrent assez bien notre façon d’aborder les sujets… on s’arrête en chemin. Les ambitions personnelles ne laisseraient-elles pas suffisamment de place à celles conduites par le collectif ? L’écologie ne s’accorde pas bien avec la stratégie des petits pas. La radicalité y est nécessaire, elle peut et doit s’avérer payante. L’urgence de la situation n’autorise malheureusement plus d’autres façon d’agir.

 

Metz, ville laboratoire de l’écologie urbaine, ça aurait de la « gueule ». Et cette ambition peut être génératrice d’emplois et d’attractivité pour une ville qui se cherche encore une identité et cela à un moment où les plus jeunes générations cherchent d’avantage à privilégier la qualité de leur vie à la réussite professionnelle ou sociale. Il est encore temps.

 

Par Caton