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Le Muscadet : histoire d’une renaissance

Metz Vins • 31 mai 2019

muscadet-renaissance-metz-today Le Muscadet : histoire d’une renaissance.

La crise n’épargne désormais personne… pas même le monde œnologique. Profondément affaibli depuis quinze ans, le vignoble nantais, dont le Muscadet est le porte étendard, relève progressivement la tête, avec un travail de reconstruction de son territoire, ses cultures et ses vinifications. Et ce dans l’unique but de retrouver une place dans le cœur des amateurs. Plongeons nous dans un petit tour d’horizon du vignoble nantais.

 

Le vignoble s’étend aujourd’hui sur environ 15.000 hectares, soit trois fois plus que Chablis. Deux types de sols sont présents sur les terroirs : les granits et roches métamorphiques qui en sont issues (schistes, gneiss, orthogneiss) et les gabbros, qui ont engendré l’amphibolite ou la serpentinite. Le climat est plutôt de type tempéré, marqué par une certaine douceur océanique. Toutes les conditions sont donc réunies pour des vins blancs de grande qualité.

 

À ce titre, deux cépages blancs dominent le vignoble nantais : la folle blanche en appellation Gros Plant du Pays nantais, et le melon de Bourgogne, présent dans le Muscadet depuis le XVIIe siècle. Sensible au gel, ce cépage doit être conduit en taille courte, pour éviter la profusion de petits raisins acides inexploitables pour produire un vin de qualité. Sa capacité à se conserver au contact de ses lies a été définie par la mention réglementée “sur lie”, c’est-à-dire qu’après la fermentation, les vins restent pendant l’hiver au contact du dépôt naturel des levures nées de la fermentation alcoolique. En se décomposant, ces lies vont enrichir le vin, le nourrir, apportant davantage de corps, du gras et du volume à des blancs naturellement très secs.

 

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Que ce soit à l’apéritif, repas, voire un dessert, le Muscadet saura vous rafraichir et combler vos papilles.

 

Mais voilà le bémol : l’évolution de la société, et sa caractéristique du « toujours plus ». En effet, la mécanisation à outrance, l’usage excessif de produits phytosanitaires, les rendements élevés, la difficulté de s’en sortir financièrement parlant en vendant des bouteilles à bas prix mais d’une production de qualité, la pression foncière avec l’extension de l’agglomération nantaise, ont plongé depuis quinze ans le vignoble nantais dans une grave crise d’identité. Pour pallier à cela, et depuis quelques temps, un travail collectif est aujourd’hui engagé, culminant avec la dynamique des 9 crus communaux dans une quête vertueuse de qualité.

 

Les amateurs y trouveront par conséquent quelques-unes des plus belles affaires de tout le vignoble français. Aujourd’hui, où peut-on acheter à tel prix de grands blancs de terroir, capables de se bonifier sur 25 ans et d’offrir de grands accords gastronomiques ? Les derniers millésimes sont en effet d’une excellente qualité. Par exemple, 2012 a livré des vins charnus et complets, dotés d’excellentes acidités, et 2014 des blancs structurés et fermes, mais au caractère précoce, qui mériteraient de vieillir davantage. Quant à 2013, il a donné des vins fins mais plus légers, à boire sans problème dans leur jeunesse.

 

N’hésitez pas ainsi à vous replonger dans ce vignoble qui retrouve ainsi ses lettres de noblesse. Que ce soit à l’apéritif, repas, voire un dessert, le Muscadet saura vous rafraichir et combler vos papilles.

 

Par Kévin Beluche, responsable communication chez Metz Vins