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Once Upon A Time… In Hollywood : la formidable déclaration d’amour de Tarantino !

News ciné • 2 septembre 2019

once-upon-a-time-pitt-dicaprio-metz-today Brad Pitt et Leonardo DiCaprio forment un duo explosifs dans "Once Upon a Time... in Hollywood".

Chaque film de Quentin Tarantino est un petit évènement en soi : comme à une fête d’anniversaire ou Noël, il ressemble à un cadeau, qu’on est impatient d’ouvrir et de découvrir, tout en ne sachant pas s’il plaira ou non. La cinéphilie de son auteur, qu’il expose à chacun de ses films à grands coups de références et autres anecdotes ultra ciblées, a parfois de quoi rebuter et laisser sur le carreau bon nombre de spectateurs. C’est évidemment le cas de Once Upon a Time… In Hollywood, sa dernière création !

 

Car si on n’a pas à l’esprit le contexte historique dans lequel nous plonge Tarantino (un instantané de l’industrie hollywoodienne de la fin des sixties en parallèle avec la montée de la Manson Family), il est fort possible d’être décontenancé face à certaines scènes. D’autant plus que, Tarantino oblige, certaines de ces dernières sont étirées selon son bon vouloir, sans qu’un objectif particulier ne s’en dégage. D’où le fait que le film soit taxé le plus personnel de Tarantino, et de surcroît son moins accessible. Est-ce un problème ? Bien sûr que non, le film est ce que le cinéma nous a proposé de plus réjouissant cette année (il figurera à coup sûr dans le top 10 de notre rédaction !). Tarantino a d’ailleurs toujours fonctionné comme cela : à grands coups de références ! Sa filmographie le démontre : que ce soit dans le dyptique Kill Bill, reprenant la trame de nombreux films japonais et leurs caractéristiques, ses deux derniers films exploitant à fond les codes du western (Django Unchained et The Hateful Eight), et surtout Boulevard de la Mort, sa partie du projet Grindhouse, une référence à lui tout seul ! Il fait partie de ses réalisateurs réfutant la passivité du spectateur devant l’écran, se refusant de le prendre par la main, et de lui expliquer tout ce qui se passe à l’écran. Et ce de façon à ce que le film garde un peu de mystère, les enjeux de leur superbe. Cette méthode dénote avec la manière traditionnelle de beaucoup de films actuels, où plus aucune place n’est laissée à l’imagination et l’interprétation ! Quentin, en faisant ce cadeau au spectateur, se fait plaisir avant tout !

 

Et son plaisir est palpable à tout instant, sur chaque plan, à chaque seconde, essentiellement à travers la minutie de la reconstruction de l’ambiance de l’époque, ponctuée d’extraits télévisés, d’émissions de radios et d’une bande originale à tomber. Mais aussi du bruit des moteurs américains, des néons lumineux des enseignes ou des cinémas drive-in. Un véritable plaisir sensoriel, transpirant l’amour de toute une époque, où le spectateur est plongé au cœur même de l’illusion, lors du tournage d’un western. Une immersion des plus jouissives ! Une époque donc où le cinéma hollywoodien, bien qu’étant déjà une industrie à la solde des producteurs, comportait cette dimension liée au rêve. Une époque où pouvaient évoluer les acteurs et actrices sans être poursuivis par une horde de paparazzis, ou englués à travers les réseaux sociaux, deux maux caractéristiques de notre temps. Cela est souligné avec le personnage de Sharon Tate, qui assiste le temps d’une scène à un de ses films au cinéma, prenant plaisir à discuter simplement à la guichetière ne l’ayant pas reconnue, ou à être témoin de la réaction du public lors de ses apparitions à l’écran. Incarnation directe de l’innocence dans ce qu’elle a de plus pur et de candide, elle ne connaîtra pas le destin tragique qu’on lui sait à la fin du long métrage. A l’instar d’un Inglorious Basterds, Tarantino réécrit l’Histoire à sa manière, faisant revêtir à son film une dimension de conte (d’où le titre), où la belle princesse est sauvée grâce à ses deux chevaliers servants (bien malgré eux !). Et où une nouvelle histoire peut commencer sous les meilleurs auspices qui soient.

 

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Sharon Tate est incarnée par la sublime Margot Robbie.

 

Car malgré les nombreux caméos tous très réussis (mention spéciale à l’acteur incarnant Bruce Lee le temps d’une scène hilarante avec une imitation et une grâce frôlant la perfection), il est impossible de ne pas parler du duo phare de Once Upon a Time… In Hollywood : un acteur sur le déclin, se noyant dans l’alcool et cherchant à tout prix à redynamiser sa carrière (DiCaprio) et sa doublure cascade, plus un homme à tout faire et fidèle comparse que noyé sous les propositions (Pitt). Et c’est bien simple : ils crèvent littéralement l’écran, sidérants de charisme, prêts à exploser à tout moment. En témoigne bien sûr la scène finale, où ils mettront à mal trois membres de la Manson Family : un véritable feu d’artifice de violence et d’humour noir, un monument trash cher au cinéma du réalisateur !

 

En définitive, chaque Tarantino constitue bien plus qu’un cadeau. Il est un bon alcool, ou une excellente bouteille de vin : il faut lui laisser le temps de s’aérer, de respirer, il se déguste et s’apprécie avec le temps. Et ce bien après le visionnage. Car en sortant de la salle, vous ne demanderez qu’une chose : replonger dans cette délicieuse ambiance. En soi, Once Upon a Time… In Hollywood ne déroge pas à la règle. Bien au contraire !

 

À découvrir actuellement au cinéma Klub à Metz Centre et Kinepolis à Saint-Julien-lès-Metz.

 

Par Kévin Beluche

 

(Re)voir la bande-annonce du film :